LES LACS SE FORMENT CAR LES FLEURS PLEURENT

 

 

Le silence bruyant des choses vivantes m’accompagne dans le tracé invisible qui guide mes déambulations. Je suis dans une forêt à quelque part dans ce que nous appelons l’Outaouais, territoires non-cédés traditionnels Anishinabewaki. Je cherche à comprendre si je fais partie du paysage, ou si je devrais en disparaître. Je suis seule. Je suis transie, complètement aspirée par ma quête de l’inestimable: des plantes aux potentiels extraordinaires. Des violettes mauves, dans les premières fleurs du printemps constellent le sol vert fluorescent. Je me penche, les cueille délicatement. J’essaie de comprendre le sentiment d’être destruction et protection, peur latente et calme lent, fébrile, je découvre au détour d’un sentier invisible une couleuvre en équilibre, seule sa langue me signifie qu’au moindre mouvement, elle détale. Je fais attention où mes pas se déposent.

 

Et pourtant je suis ici pour arracher à la tranquillité des choses qui existent sans nous: un peu de la forêt et de ses pouvoirs.

Série en cours de développement mariant à la fois principes de chimie, d'herboristerie et de pratiques artisanales de transformation et manipulation de plantes sauvages trouvées, au gré de rencontres fortuites.

© Amélie Bélanger. Les images ne peuvent être reproduites sans l'autorisation de l'artiste.

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